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 Le Troll pouët

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Azathoth
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MessageSujet: Le Troll pouët   Sam 11 Juil 2009 - 13:41

Place à celle sans qui Tout ne serait que du vide, du Rien, celle sans qui la conscience humano-trolliste n'aurait pas raison d'être: La pouésie.
Elle est l'âme du monde et de ceux qui le peuple, elle est la force qui donne le mouvement, elle est la légitimité de sentiment et de pensée, elle est l'excuse à l'existence, elle est Beauté. Elle est vérité.

Place d'abord à celui qui, dès l'âge de 16 ans, porté la révolte. Arthur Rimbaud et la fuite en avant, qui déjà avait compris le peu d'importance des rapports humains tels qu'ils sont définis dans nos bonnes sociétés pétries de civilisation. Rimbaud qui faisait de l'instant le seul moment d'éternité, et de la solitude la liberté.

Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.


L'Eternité
Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.

Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.


Départ
Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. - Ô Rumeurs et Visions !
Départ dans l'affection et le bruit neufs !
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krugger
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Sam 11 Juil 2009 - 14:03

c'est quoi "ORIETUR" ?? ce mot est introuvable dans les dictionnaires que j'ai chez moi et sur le web :/

_________________
"Dans la vie il y a des hauts et des bas.
Et on s'en sort grâce a l'autre ! "


« Personne n'éduque autrui, personne ne s'éduque seul, les hommes s'éduquent ensemble par l'intermédiaire du monde. » Paulo Freire. (1974)

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Azathoth
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Dim 12 Juil 2009 - 9:48

Orietur est un terme latin pour signifier "se lèvera" Employé par Rimbaud, nul orietur peut se traduire par rien n'apparaîtra.
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Dim 12 Juil 2009 - 10:13

oki merci

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"Dans la vie il y a des hauts et des bas.
Et on s'en sort grâce a l'autre ! "


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warius
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Lun 13 Juil 2009 - 12:14

PROUT


Rien de plus terrible mes amis
Qu’après un superbe cassoulet
De maintenir sphincters rabougris
Et de ne point pouvoir flatuler

Quelle horreur pendant une réunion
Après une super soupe a l’oignon
De serrer une heure avec prouesse
En attendant la fin, ses pauvres fesses

Et le pire je vous dis est au lit
Avec une belle, douce et jolie
Pendant l’heureux va et vient
En sentir un énorme qui vient

Mais des fois c’est le pied
Quand devant tout le monde
Tu prends un air bien niais
Et avoue la mine ronde

J’ai pété

Péter comme un couillon sur le balcon
Ou bien en douce sur un coussin de mousse
Il en va une pétomane conclusion
La liberté ou l’occlusion !
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Lun 13 Juil 2009 - 14:40

/clap pour Warius

_________________
"Dans la vie il y a des hauts et des bas.
Et on s'en sort grâce a l'autre ! "


« Personne n'éduque autrui, personne ne s'éduque seul, les hommes s'éduquent ensemble par l'intermédiaire du monde. » Paulo Freire. (1974)

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Azathoth
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Lun 13 Juil 2009 - 14:53

Le king of prout se pose là, et la poésie de l'anu à trouver à travers warius son chantre.
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Lun 13 Juil 2009 - 17:12

Bravo! Une autre! (sur le vomi ou le caca, les sujets de poème les plus nobles qui soient)
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mar 14 Juil 2009 - 19:54

Ma contribution à la Proutésie.


Rêveries proutoiformes

Comme à nos humeurs il plaira,
De se faire aimer, de se faire haïr,
De donner à croire ou de perdre espoir
J'ai choisi en ma Vie pour unique devoir,
De ne plus penser et d'avant tout agir
D'avoir pour oriflamme Prout et pour choix Caca!

Passez saisons! Mourrez passions!
J'habite à présent l'île des Bienheureux,
Et suis devenu l'égal du riant Bachus,
Non par l'ivresse du vin mais celui de l'anus!
Offrir sans se soucier le bruit qui vient de dieu!
Donner sans hésiter l'odeur qui vient du fion!

Et pour chaque sentiment user de douces fragrances,
Pour preuve d'abnégation, offrir de nouveaux sons
Qui irritent, démangent et excitent les sens,
Enfin, ne plus parler et du Prout faire don:
Aimer,
Un pet du tonnerre qui dans la seconde disparait.
Mentir,
Un pet long et sifflant jusqu'à ne plus l'ouïr.
Surprise,
Un pet crachotant que la colique attise.
Colère,
Un pet si fort et sec que tremble le derrière.
Tristesse,
Un pet suintant qui colle à jamais aux fesses.

Et puis mourir!
Dans un ultime pet hésitant! Fermer les yeux et sourire...
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mar 14 Juil 2009 - 21:46

lol! excellent! surtout la fin. Je vais être obligé d'en écrire un aussi mais après ça c'est dur.

Bravo encore, et merci pour ce moment d'extase proutistique!
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mer 15 Juil 2009 - 18:55

Peut-être faudrait-il un sujet consacré à cela si les adeptes se multiplient et souhaitent faire partager leur amour de la chose.
(Pis j'espère prendre quelques XProuts aussi. Seul warius décidera.)
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Dim 19 Juil 2009 - 21:11

normalement je ne donne pas d'XProut ici mais si il est vraiment de ta main je ne peu qu'applaudir et distribuer
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mar 21 Juil 2009 - 8:36

Il est vraiment de ma main, oui, soufflé par la muse du Prout.
(Erf, je m'en doutais un peu mais espérais tout de même que tu puisses distribuer ici. Je peux le poster sur le forum Asgardien si besoin. L'intérêt en sera limité, mais pour quelques XProut de plus, je suis prêt à me faire émétophile.)
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mar 21 Juil 2009 - 18:21

une centaine d'XProut pour le petit Azathoth alors ^^
(je vais pas le pousser vers l'émétophilie non plus, c'est vraiment crade en plus)
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Azathoth
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mer 22 Juil 2009 - 13:07

Yeah! clown
Pour fêter ça, je poste un peu de Rilke.

Puisque tout passe, faisons
la mélodie passagère ;
celle qui nous désaltère,
aura de nous raison.

Chantons ce qui nous quitte
avec amour et art ;
soyons plus vite
que le rapide départ.


___________________________

Notre avant-dernier mot
serait un mot de misère,
mais devant la conscience-mère
le tout dernier sera beau.

Car il faudra qu'on résume
tous les efforts d'un désir
qu'aucun goût d'amertume
ne saurait contenir.


________________________

Le dormeur

Laissez-moi dormir, encore... C'est la trêve
pendant de longs combats promise au dormeur ;
je guette dans mon coeur la lune qui se lève,
bientôt il ne fera plus si sombre dans mon coeur.

Ô mort provisoire, douceur qui nous achève,
mesure de mes cimes, très juste profondeur,
limbes de tout mon sang, et innocence des sèves,
dans toi, à sa racine, ma peur même n'est pas peur.

Mon doux seigneur Sommeil, ne faites pas que je rêve,
et mêlez en moi mes ris avec mes pleurs ;
laissez-moi diffus, pour que l'interne Ève
ne sorte de mon flanc en son hostile ardeur
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Sam 15 Aoû 2009 - 1:23

Gérard de Nerval

El Desdichado
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie:
Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


Pensée de Byron.
Elégie.
Par mon amour et ma constance,
J'avais cru fléchir ta rigueur,
Et le souffle de l'espérance
Avait pénétré dans mon coeur;
Mais le temps, qu'en vain je prolonge,
M'a découvert la vérité,
L'espérance a fui comme un songe...
Et mon amour seul m'est resté !

Il est resté comme un abîme
Entre ma vie et le bonheur,
Comme un mal dont je suis victime,
Comme un poids jeté sur mon coeur!
Pour fuir le piège où je succombe,
Mes efforts seraient superflus;
Car l'homme a le pied dans la tombe,
Quand l'espoir ne le soutient plus.

J'aimais à réveiller la lyre,
Et souvent, plein de doux transports,
J'osais, ému par le délire,
En tirer de tendres accords.
Que de fois, en versant des larmes,
J'ai chanté tes divins attraits!
Mes accents étaient pleins de charmes,
Car c'est toi qui les inspirais.

Ce temps n'est plus, et le délire
Ne vient plus animer ma voix;
Je ne trouve point à ma lyre
Les sons qu'elle avait autrefois.
Dans le chagrin qui me dévore,
Je vois mes beaux jours s'envoler;
Si mon oeil étincelle encore,
C'est qu'une larme va couler!

Brisons la coupe de la vie;
Sa liqueur n'est que du poison;
Elle plaisait à ma folie,
Mais elle enivrait ma raison.
Trop longtemps épris d'un vain songe,
Gloire ! amour ! vous eûtes mon coeur:
O Gloire ! tu n'es qu'un mensonge;
Amour ! tu n'es point le bonheur!
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Azathoth
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mar 1 Sep 2009 - 22:49

Stéphane Mallarmé

Angoisse

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.

Car le Vice, rongeant ma native noblesse
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.


_______________________

Las de l'amer...


Las de l'amer repos où ma paresse offense
Une gloire pour qui jadis j'ai fui l'enfance
Adorable des bois de roses sous l'azur
Naturel, et plus las sept fois du pacte dur
De creuser par veillée une fosse nouvelle
Dans le terrain avare et froid de ma cervelle,
Fossoyeur sans pitié pour la stérilité,
- Que dire à cette Aurore, ô Rêves, visité
Par les roses, quand, peur de ses roses livides,
Le vaste cimetière unira les trous vides ? -
Je veux délaisser l'Art vorace d'un pays
Cruel, et, souriant aux reproches vieillis
Que me font mes amis, le passé, le génie,
Et ma lampe qui sait pourtant mon agonie,
Imiter le Chinois au coeur limpide et fin
De qui l'extase pure est de peindre la fin
Sur ses tasses de neige à la lune ravie
D'une bizarre fleur qui parfume sa vie
Transparente, la fleur qu'il a sentie, enfant,
Au filigrane bleu de l'âme se greffant.
Et, la mort telle avec le seul rêve du sage,
Serein, je vais choisir un jeune paysage
Que je peindrais encor sur les tasses, distrait.
Une ligne d'azur mince et pâle serait
Un lac, parmi le ciel de porcelaine nue,
Un clair croissant perdu par une blanche nue
Trempe sa corne calme en la glace des eaux,
Non loin de trois grands cils d'émeraude, roseaux.


__________________________

Renouveau


Le printemps maladif a chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...
- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.
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Azathoth
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Ven 4 Sep 2009 - 22:08

Guillaume Apollinaire

Clotilde

L'anémone et l'ancolie
ont poussé dans le jardin
où dort la mélancolie
entre l'amour et le dédain

Il y vient aussi nos ombres
que la nuit dissipera
le soleil qui les rends sombre
avec elles disparaîtra

les déités des eaux vives
laissent couler leur longs cheveux
passe il faut que tu poursuive
cette belle ombre que tu veux


_________________________

Guerre

Rameau central de combat
Contact par l'écoute
On tire dans la direction " des bruits entendus "
Les jeunes de la classe 1915
Et ces fils de fer électrisés
Ne pleurez donc pas sur les horreurs de la guerre
Avant elle nous n'avions que la surface
De la terre et des mers
Après elle nous aurons les abîmes
Le sous-sol et l'espace aviatique
Maîtres du timon
Après après
Nous prendrons toutes les joies
Des vainqueurs qui se délassent
Femmes Jeux Usines Commerce
Industrie Agriculture Métal
Feu Cristal Vitesse
Voix Regard Tact à part
Et ensemble dans le tact venu de loin
De plus loin encore
De l'Au-delà de cette terre


___________________________________

Reconnaissance

À Mademoiselle P...

Un seul bouleau crépusculaire
Pâlit au seuil de l'horizon
Où fuir la mesure angulaire
Du cœur à l'âme et la raison

Le galop bleu des souvenances

Traverse les lilas des yeux

Et les canons des indolences

Tirent mes songes vers
Les
Cieux


______________________________

Nocturne

Le ciel nocturne et bas s'éblouit de la ville
Et mon cœur bat d'amour à l'unisson des vies
Qui animent la ville au-dessous des grands cieux
Et l'allument le soir sans étonner nos yeux

Les rues ont ébloui le ciel de leurs lumières
Et l'esprit éternel n'est que par la matière
Et l'amour est humain et ne vit qu'en nos vies
L'amour cet éternel qui meurt inassouvi


___________________________________

La nuit descend

La nuit descend
On y pressent
Un long destin de sang
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Sam 12 Sep 2009 - 1:27

Félix Arvers

Sonnet

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.

À l’austère devoir, pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
"Quelle est donc cette femme ?" et ne comprendra pas.
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mar 22 Sep 2009 - 22:36

Lautréamont

Chant I, strophe 9 (Vieil Océan)

Je me propose, sans être ému, de déclamer à grande voix la strophe sérieuse et froide que vous allez entendre. Vous, faites attention à ce qu’elle contient, et gardez-vous de l’impression pénible qu’elle ne manquera pas de laisser, comme une flétrissure, dans vos imaginations troublées. Ne croyez pas que je sois sur le point de mourir, car je ne suis pas encore un squelette, et la vieillesse n’est pas collée à mon front. Écartons en conséquence toute idée de comparaison avec le cygne, au moment où son existence s’envole, et ne voyez devant vous qu’un monstre, dont je suis heureux que vous ne puissiez apercevoir la figure ; mais, moins horrible est-elle que son âme. Cependant, je ne suis pas un criminel… Assez sur ce sujet. Il n’y pas longtemps que j’ai revu la mer et foulé le pont des vaisseaux, et mes souvenirs sont vivaces comme si je l’avais quittée la veille. Soyez néanmoins, si vous le pouvez, aussi calmes que moi, dans cette lecture que je me repens déjà de vous offrir, et ne rougissez pas à la pensée de ce qu’est le cœur humain. Ô poulpe, au regard de soie ! toi, dont l’âme est inséparable de la mienne ; toi, le plus beau des habitants du globe terrestre, et qui commandes à un sérail de quatre cents ventouses ; toi, en qui siégent noblement, comme dans leur résidence naturelle, par un commun accord, d’un lien indestructible, la douce vertu communicative et les grâces divines, pourquoi n’es-tu pas avec moi, ton ventre de mercure contre ma poitrine d’aluminium, assis tous les deux sur quelque rocher du rivage, pour contempler ce spectacle que j’adore !

Vieil océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l’on voit sur le dos meurtri des mousses ; tu es un immense bleu, appliqué sur le corps de la terre : j’aime cette comparaison. Ainsi, à ton premier aspect, un souffle prolongé de tristesse, qu’on croirait être le murmure de ta brise suave, passe, en laissant des ineffaçables traces, sur l’âme profondément ébranlée, et tu rappelles au souvenir de tes amants, sans qu’on s’en rende toujours compte, les rudes commencements de l’homme, où il fait connaissance avec la douleur, qui ne le quitte plus. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, ta forme harmonieusement sphérique, qui réjouit la face grave de la géométrie, ne me rappelle que trop les petits yeux de l’homme, pareils à ceux du sanglier pour la petitesse, et à ceux des oiseaux de nuit pour la perfection circulaire du contour. Cependant, l’homme s’est cru beau dans tous les siècles. Moi, je suppose plutôt que l’homme ne croit à sa beauté que par amour-propre ; mais, qu’il n’est pas beau réellement et qu’il s’en doute ; car, pourquoi regarde-t-il la figure de son semblable avec tant de mépris ? Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, tu es le symbole de l’identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d’une manière essentielle, et, si tes vagues sont quelque part en furie, plus loin, dans quelque autre zone, elles sont dans le calme le plus complet. Tu n’es pas comme l’homme qui s’arrête dans la rue, pour voir deux boule-dogues s’empoigner au cou, mais, qui ne s’arrête pas, quand un enterrement passe ; qui est ce matin accessible et ce soir de mauvaise humeur ; qui rit aujourd’hui et pleure demain. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, il n’y aurait rien d’impossible à ce que tu caches dans ton sein de futures utilités pour l’homme. Tu lui as déjà donné la baleine. Tu ne laisses pas facilement deviner aux yeux avides des sciences naturelles les mille secrets de ton intime organisation : tu es modeste. L’homme se vante sans cesse, et pour des minuties. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, les différentes espèces de poissons que tu nourris n’ont pas juré fraternité entre elles. Chaque espèce vit de son côté. Les tempéraments et les conformations qui varient dans chacune d’elles, expliquent, d’une manière satisfaisante, ce qui ne paraît d’abord qu’une anomalie. Il en est ainsi de l’homme, qui n’a pas les mêmes motifs d’excuse. Un morceau de terre est-il occupé par trente millions d’êtres humains, ceux-ci se croient obligés de ne pas se mêler de l’existence de leurs voisins, fixés comme des racines sur le morceau de terre qui suit. En descendant du grand au petit, chaque homme vit comme un sauvage dans sa tanière, et en sort rarement pour visiter son semblable, accroupi pareillement dans une autre tanière. La grande famille universelle des humains est une utopie digne de la logique la plus médiocre. En outre, du spectacle de tes mamelles fécondes, se dégage la notion d’ingratitude ; car, on pense aussitôt à ces parents nombreux, assez ingrats envers le Créateur, pour abandonner le fruit de leur misérable union. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, ta grandeur matérielle ne peut se comparer qu’à la mesure qu’on se fait de ce qu’il a fallu de puissance active pour engendrer la totalité de ta masse. On ne peut pas t’embrasser d’un coup d’œil. Pour te contempler, il faut que la vue tourne son télescope, par un mouvement continu, vers les quatre points de l’horizon, de même qu’un mathématicien, afin de résoudre une équation algébrique, est obligé d’examiner séparément les divers cas possibles, avant de trancher la difficulté. L’homme mange des substances nourrissantes, et fait d’autres efforts, dignes d’un meilleur sort, pour paraître gras. Qu’elle se gonfle tant qu’elle voudra, cette adorable grenouille. Sois tranquille, elle ne t’égalera pas en grosseur ; je le suppose, du moins. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, tes eaux sont amères. C’est exactement le même goût que le fiel que distille la critique sur les beaux-arts, sur les sciences, sur tout. Si quelqu’un a du génie, on le fait passer pour un idiot ; si quelque autre est beau de corps, c’est un bossu affreux. Certes, il faut que l’homme sente avec force son imperfection, dont les trois quarts d’ailleurs ne sont dus qu’à lui-même, pour la critiquer ainsi ! Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, les hommes, malgré l’excellence de leurs méthodes, ne sont pas encore parvenus, aidés par les moyens d’investigation de la science, à mesurer la profondeur vertigineuse de tes abîmes ; tu en as que les sondes les plus longues, les plus pesantes, ont reconnu inaccessibles. Aux poissons… ça leur est permis : pas aux hommes. Souvent, je me suis demandé quelle chose était le plus facile à reconnaître : la profondeur de l’océan ou la profondeur du cœur humain ! Souvent, la main portée au front, debout sur les vaisseaux, tandis que la lune se balançait entre les mâts d’une façon irrégulière, je me suis surpris, faisant abstraction de tout ce qui n’était pas le but que je poursuivais, m’efforçant de résoudre ce difficile problème ! Oui, quel est le plus profond, le plus impénétrable des deux : l’océan ou le cœur humain ? Si trente ans d’expérience de la vie peuvent jusqu’à un certain point pencher la balance vers l’une ou l’autre de ces solutions, il me sera permis de dire que, malgré la profondeur de l’océan, il ne peut pas se mettre en ligne, quant à la comparaison sur cette propriété, avec la profondeur du cœur humain. J’ai été en relation avec des hommes qui ont été vertueux. Ils mouraient à soixante ans, et chacun ne manquait pas de s’écrier : « Ils ont fait le bien sur cette terre, c’est-à-dire qu’ils ont pratiqué la charité : voilà tout, ce n’est pas malin, chacun peut en faire autant. » Qui comprendra pourquoi deux amants qui s’idolâtraient la veille, pour un mot mal interprété, s’écartent, l’un vers l’orient, l’autre vers l’occident, avec les aiguillons de la haine, de la vengeance, de l’amour et du remords, et ne se revoient plus, chacun drapé dans sa fierté solitaire. C’est un miracle qui se renouvelle chaque jour et qui n’en est pas moins miraculeux. Qui comprendra pourquoi l’on savoure non seulement les disgrâces générales de ses semblables, mais encore les particulières de ses amis les plus chers, tandis que l’ont est affligé en même temps ? Un exemple incontestable pour clore la série : l’homme dit hypocritement oui et pense non. C’est pour cela que les marcassins de l’humanité ont tant de confiance les uns dans les autres et ne sont pas égoïstes. Il reste à la psychologie beaucoup de progrès à faire. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, tu es si puissant, que les hommes l’ont appris à leurs propres dépens. Ils ont beau employer toutes les ressources de leur génie… incapables de te dominer. Ils ont trouvé leur maître. Je dis qu’ils ont trouvé quelque chose de plus fort qu’eux. Ce quelque chose a un nom. Ce nom est : l’océan ! La peur que tu leur inspires est telle, qu’ils te respectent. Malgré cela, tu fais valser leurs plus lourdes machines avec grâce, élégance et facilité. Tu leur fais faire des sauts gymnastiques jusqu’au ciel, et des plongeons admirables jusqu’au fond de tes domaines : un saltimbanque en serait jaloux. Bienheureux sont-ils, quand tu ne les enveloppes pas définitivement dans tes plis bouillonnants, pour aller voir, sans chemin de fer, dans tes entrailles aquatiques, comment se portent les poissons, et surtout comment ils se portent eux-mêmes. L’homme dit : « Je suis plus intelligent que l’océan. » C’est possible ; c’est même assez vrai ; mais l’océan lui est plus redoutable que lui à l’océan : c’est ce qu’il n’est pas nécessaire de prouver. Ce patriarche observateur, contemporain des premières époques de notre globe suspendu, sourit de pitié, quand il assiste aux combats navals des nations. Voilà une centaine de léviathans qui sont sortis des mains de l’humanité. Les ordres emphatiques des supérieurs, les cris des blessés, les coups de canon, c’est du bruit fait exprès pour anéantir quelques secondes. Il paraît que le drame est fini, et que l’océan a tout mis dans son ventre. La gueule est formidable. Elle doit être grande vers le bas, dans la direction de l’inconnu ! Pour couronner enfin la stupide comédie, qui n’est même pas intéressante, on voit, au milieu des airs, quelque cigogne, attardée par la fatigue, qui se met à crier, sans arrêter l’envergure de son vol : « Tiens !… je la trouve mauvaise ! Il y avait en bas des points noirs ; j’ai fermé les yeux : ils ont disparu. » Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, ô grand célibataire, quand tu parcours la solitude solennelle de tes royaumes flegmatiques, tu t’enorgueillis à juste titre de ta magnificence native, et des éloges vrais que je m’empresse de te donner. Balancé voluptueusement par les molles effluves de ta lenteur majestueuse, qui est le plus grandiose parmi les attributs dont le souverain pouvoir t’a gratifié, tu déroules, au milieu d’un sombre mystère, sur toute ta surface sublime, tes vagues incomparables, avec le sentiment calme de ta puissance éternelle. Elles se suivent parallèlement, séparées par de courts intervalles. À peine l’une diminue, qu’une autre va à sa rencontre en grandissant, accompagnées du bruit mélancolique de l’écume qui se fond, pour nous avertir que tout est écume. (Ainsi, les êtres humains, ces vagues vivantes, meurent l’un après l’autre, d’une manière monotone ; mais, sans laisser de bruit écumeux). L’oiseau de passage se repose sur elles avec confiance, et se laisse abandonner à leurs mouvements, pleins d’une grâce fière, jusqu’à ce que les os de ses ailes aient recouvré leur vigueur accoutumée pour continuer le pèlerinage aérien. Je voudrais que la majesté humaine ne fût que l’incarnation du reflet de la tienne. Je demande beaucoup, et ce souhait sincère est glorieux pour toi. Ta grandeur morale, image de l’infini, est immense comme la réflexion du philosophe, comme l’amour de la femme, comme la beauté divine de l’oiseau, comme les méditations du poète. Tu es plus beau que la nuit. Réponds-moi, océan, veux-tu être mon frère ? Remue-toi avec impétuosité… plus… plus encore, si tu veux que je te compare à la vengeance de Dieu ; allonge tes griffes livides, en te frayant un chemin sur ton propre sein… c’est bien. Déroule tes vagues épouvantables, océan hideux, compris par moi seul, et devant lequel je tombe, prosterné à tes genoux. La majesté de l’homme est empruntée ; il ne m’imposera point : toi, oui. Oh ! quand tu t’avances, la crête haute et terrible, entouré de tes replis tortueux comme d’une cour, magnétiseur et farouche, roulant tes ondes les unes sur les autres, avec la conscience de ce que tu es, pendant que tu pousses, des profondeurs de ta poitrine, comme accablé d’un remords intense que je ne puis pas découvrir, ce sourd mugissement perpétuel que les hommes redoutent tant, même quand ils te contemplent, en sûreté, tremblants sur le rivage, alors, je vois qu’il ne m’appartient pas, le droit insigne de me dire ton égal. C’est pourquoi, en présence de ta supériorité, je te donnerais tout mon amour (et nul ne sait la quantité d’amour que contiennent mes aspirations vers le beau), si tu ne me faisais douloureusement penser à mes semblables, qui forment avec toi le plus ironique contraste, l’antithèse la plus bouffonne que l’on ait jamais vue dans la création : je ne puis pas t’aimer, je te déteste. Pourquoi reviens-je à toi, pour la millième fois, vers tes bras amis, qui s’entr’ouvrent, pour caresser mon front brûlant, qui voit disparaître la fièvre à leur contact ! Je ne connais pas ta destinée cachée ; tout ce qui te concerne m’intéresse. Dis-moi donc si tu es la demeure du prince des ténèbres. Dis-le moi… dis-le moi, océan (à moi seul, pour ne pas attrister ceux qui n’ont encore connu que les illusions), et si le souffle de Satan crée les tempêtes qui soulèvent tes eaux salées jusqu’aux nuages. Il faut que tu me le dises, parce que je me réjouirais de savoir l’enfer si près de l’homme. Je veux que celle-ci soit la dernière strophe de mon invocation. Par conséquent, une seule fois encore, je veux te saluer et te faire mes adieux ! Vieil océan, aux vagues de cristal… Mes yeux se mouillent de larmes abondantes, et je n’ai pas la force de poursuivre ; car, je sens que le moment venu de revenir parmi les hommes, à l’aspect brutal ; mais… courage ! Faisons un grand effort, et accomplissons, avec le sentiment du devoir, notre destinée sur cette terre. Je te salue, vieil océan !
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Azathoth
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mar 6 Avr 2010 - 20:23

Ghérasim Luca

Passionnément

pas pas paspaspas pas
pasppas ppas pas paspas
le pas pas le faux pas le pas
paspaspas le pas le mau
le mauve le mauvais pas
paspas pas le pas le papa
le mauvais papa le mauve le pas
paspas passe paspaspasse
passe passe il passe il pas pas
il passe le pas du pas du pape
du pape sur le pape du pas du passe
passepasse passi le sur le
le pas le passi passi passi pissez sur
le pape sur papa sur le sur la sur
la pipe du papa du pape pissez en masse
passe passe passi passepassi la passe
la basse passi passepassi la
passio passiobasson le bas
le pas passion le basson et
et pas le basso do pas
paspas do passe passiopassion do
ne do ne domi ne passi ne dominez pas
ne dominez pas vos passions passives ne
ne domino vos passio vos vos
ssis vos passio ne dodo vos
vos dominos d’or
c’est domdommage do dodor
do pas pas ne domi
pas paspasse passio
vos pas ne do ne do ne dominez pas
vos passes passions vos pas vos
vos pas dévo dévorants ne do
ne dominez pas vos rats
pas vos rats
ne do dévorants ne do ne dominez pas
vos rats vos rations vos rats rations ne ne
ne dominez pas vos passions rations vos
ne dominez pas vos ne vos ne do do
minez minez vos nations ni mais do
minez ne do ne mi pas pas vos rats
vos passionnantes rations de rats de pas
pas passe passio minez pas
minez pas vos passions vos
vos rationnants ragoûts de rats dévo
dévorez-les dévo dédo do domi
dominez pas cet a cet avant-goût
de ragoût de pas de passe de
passi de pasigraphie gra phiphie
graphie phie de phie
phiphie phéna phénakiki
phénakisti coco
phénakisticope phiphie
phopho phiphie photo do do
dominez do photo mimez phiphie
photomicrographiez vos goûts
ces poux chorégraphiques phiphie
de vos dégoûts de vos dégâts pas
pas ça passio passion de ga
coco kistico ga les dégâts pas
le pas pas passiopas passion
passion passioné né né
il est né de la né
de la néga ga de la néga
de la négation passion gra cra
crachez cra crachez sur vos nations cra
de la neige il est il est né
passioné né il est né
à la nage à la rage il
est né à la né à la nécronage cra rage il
il est né de la né de la néga
néga ga cra crachez de la né
de la ga pas néga négation passion
passionné nez pasionném je
je t’ai je t’aime je
je je jet je t’ai jetez
je t’aime passionném t’aime
je t’aime je je jeu passion j’aime
passionné éé ém émer
émerger aimer je je j’aime
émer émerger é é pas
passi passi éééé ém
éme émersion passion
passionné é je
je t’ai je t’aime je t’aime
passe passio ô passio
passio ô ma gr
ma gra cra crachez sur les rations
ma grande ma gra ma té
ma té ma gra
ma grande ma té
ma terrible passion passionnée
je t’ai je terri terrible passio je
je je t’aime
je t’aime je t’ai je
t’aime aime aime je t’aime
passionné é aime je
t’aime passioném
je t’aime
passionnément aimante je
t’aime je t’aime passionnément
je t’ai je t’aime passionné né
je t’aime passionné
je t’aime passionnément je t’aime
je t’aime passio passionnément
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Jeu 15 Juil 2010 - 2:02

Antonin Artaud

Pour en finir avec le jugement de dieu (Attention: Cet extrait audio n'est pas libre de droit....)

[En novembre 1947, Antonin Artaud enregistre pour la radio Pour en finir avec le Jugement de dieu avec la participation de Maria Casarès, Paule Thévenin et Roger Blin. Programmé pour le 1er février 1948, la diffusion en est interdite par le directeur de la Radiodiffusion française. À la suite de diverses réactions suscitées par son interdiction, sa diffusion est proposée à un public restreint composé de journalistes, d'artistes et d'écrivains.
Le texte fera l'objet d'une publication posthume en avril 1948 et éditée sous forme de CD.]
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Ven 16 Juil 2010 - 18:35

Et bien, il a une voix qui fait peur, a t'il tourné dans des films d'horreur? ou bien a t'il que trop fumé ou bu?

En tout cas ce qu'il dit fait peur aussi, même si je n'ai écouté que 5 min (j 'écouterai le reste la semaine prochaine) je sens que ça va me plaire rabbit .

ça me fait penser en passant aux chèvres du pentagone, dont le simple message d'intro (ou de fin je sais plus) fait bien rire, et frisonner...

"ce film contient plus de faits réel que vous ne pourriez imaginer"

Au boulot camarade!
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Sam 17 Juil 2010 - 12:18

Antonin Artaud était aussi comédien (théâtre et cinéma), et l'exaltation dont il fait preuve dans Pour en finir avec le jugement de dieu est à l'image de la théorie du "théâtre total" qu'il défendait (même si on est là à la radio..), c'est à dire polymorphe, tentant de créer une multitude de liens (ici auditifs) avec le spectateur (auditeur) (Jeux de voix, cris, chants,etc). Le texte prend un dimension quasiment mystique.
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Sam 25 Sep 2010 - 23:21

Ossip Mandelstam



Là où il n’est rien de moi,
vers là voler, non vu,
là où le rayon va, aller :
c'est là que me pousse mon esprit !

Toi: ici en cercle illumine -
un autre bonheur n’est pas -
Et apprends de l’étoile,
ce que la lumière signifie et veut dire.

Elle est lumière, le rayon,
pour cette unique raison:
un murmure, un babil
donna force et donna ardeur.


______________________________


Armé de la vision des guêpes étroites
Qui sucent l'axe de la terre, l'axe de la terre,
Je pressens tout ce qu'il m'a fallu connaître,
Je m'en souviens par cœur et vainement.

Et je ne dessine pas, ne chante pas,
Ne guide pas l'archet à la voix noire:
Je me contente de boire la vie et j'aime
À envier les guêpes fortes et rusées.

Oh, qu'un jour vienne, n'importe quand,
Où la piqûre de l'air et la chaleur de l'été
M'obligent, une fois franchis soleil et mort,
À entendre l'axe de la terre, l'axe de la terre.


______________________________


La mendiante

Tu n'es pas mort encore, tu n'es pas seul encore,
Tant que pour toi, pour toi et ton amie-mendiante,
Tu vis la majesté des plaines, l'immensité,
Tu vis la faim, la brume et les tempêtes de neige.
Fastueuse la pauvreté, grandiose la misère,
Tu vis seul, paisiblement et sereinement,
Tous ces jours et ces nuits entre tous sont bénis,
Et, le mélodieux labeur, si innocent.
Mais, malheureux celui qu'un aboiement effraie
Comme son ombre, et que le vent de l'hiver, fauche,
Et, misérable celui qui à peine vivant
Demande à son ombre, un peu de charité.


______________________
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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Mar 5 Avr 2011 - 21:58

Charles Cros

Insoumission


A Lionel Nunès.

Vivre tranquille en sa maison,
Vertueux ayant bien raison,
Vaut autant boire du poison.

Je ne veux pas de maladie,
Ma fierté n'est pas refroidie,
J'entends la jeune mélodie.

J'entends le bruit de l'eau qui court,
J'entends gronder l'orage lourd,
L'art est long et le temps est court.

Tant mieux, puisqu'il y a des pêches,
Du vin frais et des filles fraîches,
Et l'incendie et ses flammèches.

On naît filles, on naît garçons.
On vit en chantant des chansons,
On meurt en buvant des boissons.


______________________________________

Ballade du dernier amour


Mes souvenirs sont si nombreux
Que ma raison n'y peut suffire.
Pourtant je ne vis que par eux,
Eux seuls me font pleurer et rire.
Le présent est sanglant et noir ;
Dans l'avenir qu'ai-je à poursuivre ?
Calme frais des tombeaux, le soir !...
Je me suis trop hâté de vivre.

Amours heureux ou malheureux,
Lourds regrets, satiété pire,
Yeux noirs veloutés, clairs yeux bleus,
Aux regards qu'on ne peut pas dire,
Cheveux noyant le démêloir
Couleur d'or, d'ébène ou de cuivre,
J'ai voulu tout voir, tout avoir.
je me suis trop hâté de vivre.

je suis las. Plus d'amour. je veux
Vivre seul, pour moi seul décrire
Jusqu'à l'odeur de tes cheveux,
Jusqu'à l'éclair de ton sourire,
Dire ton royal nonchaloir,
T'évoquer entière en un livre
Pur et vrai comme ton miroir.
je me suis trop hâté de vivre.

ENVOI

Ma chanson, vapeur d'encensoir,
Chère envolée, ira te suivre.
En tes bras j'espérais pouvoir
Attendre l'heure qui délivre ;
Tu m'as pris mon tour. Au revoir.
je me suis trop hâté de vivre.


________________________________________

Le but

A Henri Ghys.

Le long des peupliers je marche, le front nu,
Poitrine au vent, les yeux flagellés par la pluie.
Je m’avance hagard vers le but inconnu.

Le printemps a des fleurs dont le parfum m’ennuie,
L’été promet, l’automne offre ses fruits, d’aspects
Irritants; l’hiver blanc, même, est sali de suie.

Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs becs,
Mangent mon foie, où sont tant de colères folles,
Que l’air et le soleil blanchissent mes os secs,

Et, surtout, que le vent emporte mes paroles!




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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Ven 10 Fév 2012 - 10:31

Théodore de Banville

L'antre

Au milieu d’un monceau de roches accroupies
Sur le chemin qui va de Leuctres à Thespies,
Un antre affreux s’ouvrait, sinistre, horrible à voir.
Des buissons monstrueux tombaient de son flanc noir
Hérissés et touffus comme une chevelure,
Et dans la pierre en feu, qu’une rouge brûlure
Dévore, étaient gravés sur son front ruiné
Ces mots : "Ici gémit l’éternel condamné."

Rien n’obstruait le seuil de la sombre caverne.
Hercule entra. Dans l’ombre, auprès d’une citerne
Dont le flot n’a jamais regardé le ciel bleu,
Sur des ossements d’homme était assis un Dieu.
Or il avait vécu plus d’ans que la mémoire
N’en rêve ; son vieux crâne était comme l’ivoire ;
Lui-même d’une flèche il déchirait son flanc ;
À force de pleurer ses yeux n’étaient que sang,
Il semblait un oiseau farouche, pris au piège,
Et le vent frissonnait dans sa barbe de neige.
Près de lui, devant lui, partout, des ossements
Blanchissaient sur le sol ténébreux. Par moments,
Un grand fleuve de pleurs débordait son œil terne,
Et le beau vieillard-dieu pleurait dans la citerne.

Le fils d’Amphitryon fut saisi de pitié.
Oh ! dit-il, sombre aïeul durement châtié,
Que fais-tu loin du ciel dont notre œil est avide ?
Qui te retient ainsi dans ce cachot livide ?
Ton désespoir est-il si vaste et si profond
Que tes larmes aient pu remplir ce puits sans fond ?
Viens dans la plaine, où sont les ruisseaux et les chênes !
Sur tes bras affaiblis je ne vois pas de chaînes.
D’ailleurs, je suis celui qui les brise ; je puis,
Si tu le veux, jeter ce rocher dans ce puits ;
Quelque Dieu qu’ait maudit ta bouche révoltée,
Je te délivrerai, fusses-tu Prométhée !

Le vieillard exhalait des sanglots étouffants.
Hercule dit : Suis-moi, laisse aux petits enfants
Cette lâche terreur et cette angoisse folle.
Il n’est pas de douleur qu’un ami ne console ;
Viens avec moi, remonte à la clarté du jour !

- Non, répondit le grand vaincu, je suis l’Amour.


_______________________________________

Les loups


Partout la neige. Au bout du sinistre chemin
Que troublait seul le bruit de ce pas surhumain,
C'était un bois sauvage éclairé par la lune.
Pas une seule place où la terre fût brune,
Et, pareil à ce voile effrayant qui descend
Au pied des morts, le blanc linceul éblouissant
Faisait tomber ses plis sur les chênes énormes,
Et le vent furieux, engouffré dans les ormes,
Entre-choquait avec un rire convulsif
Leurs rameaux. L'Exilé farouche, au front pensif,
Entra dans la forêt que l'âpre bise assiège ;
Son camail écarlate incendiait la neige
D'un long reflet sanglant, rose, aux lueurs d'éclair,
Comme si, revenu des cieux et de l'enfer,
Ce voyageur, portant l'infini dans son âme,
Au lieu d'ombre traînait à ses pieds une flamme.

De ce côté des bois, les chasseurs vont s'asseoir
Dans un grand carrefour où, du matin au soir,
Chantent pendant l'été de sonores fontaines.
Un sentier surplombé par des roches hautaines
Y conduit. L'Exilé soucieux le suivit
Jusqu'à cette clairière, et voici ce qu'il vit :

Un fier cheval de race à la noble encolure,
Dans son sang répandu souillant sa chevelure,
Expirait, dévoré tout vivant par des loups.
Ses meurtriers parmi la ronce et les cailloux
Le traînaient. Il n'était déjà plus que morsures.
Ses entrailles à flots sortaient de ses blessures
Et ses pieds éperdus trébuchaient dans la mort.
En vain, de temps en temps, par un horrible effort,
Il secouait par terre un peu des bêtes fauves ;
D'autres monstres, sortis des antres, leurs alcôves,
Se ruaient sur son cou, s'attachaient à ses flancs,
Dans sa chair déchirée enfonçaient leurs crocs blancs
Et se mêlaient à lui dans d'effroyables poses,
Et tout son corps teignait de sang leurs gueules roses.
Enfin, morne, donnant sa vie à ses bourreaux,
Il tomba, les genoux ployés, comme un héros
Qui défie, à l'instant suprême où tout s'efface,
Les spectres de la mort, et les voit face à face.
Sa prunelle effarée et vague interrogea
La nuit ; puis le coursier vaincu, sentant déjà
Que dans ses doux regards entrait l'infini sombre
Et qu'il roulait au fond dans les gouffres de l'Ombre,
Se leva sur ses pieds avant de s'endormir
Pour toujours, et frappant la terre, et, pour gémir,
Dans sa voix qui n'est plus trouvant un cri suprême,
Sublime, épouvantant l'agonie elle-même
Et perçant une fois encor son voile obscur,
Leva vers les grands cieux et roula dans l'azur
Ses yeux, d'où s'enfuyait lentement l'espérance,
Et Dante s'écria, l'âme en pleurs : Ô Florence !

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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Jeu 16 Fév 2012 - 22:54

Jean de La Ville de Mirmont

L'horizon chimérique (extraits)

V

Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;
Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.

La mer vous a rendus à votre destinée,
Au-delà du rivage où s'arrêtent nos pas.
Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;
Il vous faut des lointains que je ne connais pas

Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d'effroi,
Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
Car j'ai de grands départs inassouvis en moi.




XIII

La Mer est infinie et mes rêves sont fous.
La mer chante au soleil en battant les falaises
Et mes rêves légers ne se sentent plus d'aise
De danser sur la mer comme des oiseaux soûls.

Le vaste mouvement des vagues les emporte,
La brise les agite et les roule en ses plis ;
Jouant dans le sillage, ils feront une escorte
Aux vaisseaux que mon cœur dans leur fuite a suivis.

Ivres d'air et de sel et brûlés par l'écume
De la mer qui console et qui lave des pleurs
Ils connaîtront le large et sa bonne amertume ;
Les goélands perdus les prendront pour des leurs.


______________________________________

Attitudes

III

Gens de bien, vertueux et probes,
Vous, les honnêtes, les prudents,
Qui ne montrez jamais les dents,
Gens d'honneur, d'épée ou de robe,

Gens de bourse et vous gens de loi,
Hommes, enfin, qu'on dit nos frères,
Gardez - nous n'en avons que faire -
Vos sentiments de bon aloi.

Que nous importent vos scrupules,
Et vos soucis et vos tracas ?
Nous ne mettrons jamais nos pas
Dans vos empreintes ridicules !

Car, aux Mèdes anciens pareils,
Nous ne croyons qu'à l'impossible,
Et nous avons choisi pour cible
Le disque rouge du soleil !

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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Lun 19 Mar 2012 - 20:56

Dire Migrateur, extrait. Lionel-Edouard Martin, 2008, Ed. Tarabuste.


"Les terres d’hiver plaisent au sang. La neige – c’est là qu’il donne au mieux la mesure de sa force, l’effusion vermeille ne souffre aucune estompe, nul dégradé, mais le vrac s’impose de la rose pourpre et qui contraste.
J’ai vu mourir bien des bêtes. Elles feignaient de confier à la neige un sang tout juste murmuré, à peine le bruissement d’un secret de jeune fille ; de fait un leurre : demeurait sournoisement tout au long de l’hiver sa mâchoire crispée dans la chair de la neige. Personne d’ailleurs n’en était dupe, n’ayant le cœur d’y marcher, pas plus qu’on ne tentait en y portant le pied les eaux profondes des rus. C’était là comme un puits de feu glacial ; et donnait à penser, parmi l’animal le plus quiet, la présence de cet autre, sang mordant, éruptif, en attente d’ouverture
Pour apposer au blanc
L’oxymore de sa substance "

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MessageSujet: Re: Le Troll pouët   Lun 19 Mar 2012 - 20:58

Col de chemise, Lionel-Edouard Martin, 2007.


Col de chemise, colombe, et carotides à pattes rouges ! Je marche à pas d’oiseau vers un envol, vers l’embouchure à fleur de peau
Des aortes célestes.
Monde pourpre à mes paupières, pulsations de mes rémiges, que je ferme l’œil, le ciel y prend source et ce n’est plus le jour mais la nuit que je perçois : j’avance à glissements de plumes

Parmi les mots nocturnes.

Nuit coeur vaste, je vais dans ce vêtement blanc, mes battements d’ailes tirent parti de l’air, je becque migrateur l’airelle

Que l’on appelle étoile.

À mon cou l’essor blanc, la lettrine mobile où s’illustre le ciel : je porte une consonne contre mon torse et quête une voyelle

Au milieu de la nuit.

Cohortes célestes : et tout est chair dans un contexte d’astres, l’estuaire où j’ai projet d’écrire mord aussi tendrement le ciel

Que la lettre le verbe.

En syllabe accompli : pennes soyeuses de mon col, colombe à l’o multiple et sang sphérique dans son corps, voici qu’un cœur se donne en battements binaires, consonne à l’initiale,

Voyelle à la systole.

Grappe, ma colombe, paragraphe à l’envol ! et ton essor projette sur la nuit les signes du zodiaque, j’ordonne par tes ailes

Le chaos des étoiles.

Il m’a suffi d’une échancrure, d’un delta blanc sur ma poitrine, pour convaincre le ciel d’écritures : et le sens gicle d’une argile

Pétrie d’ailes de scribe.

Ô ma colombe, je m’incarne en ton aile écrivaine, je trace à coups de pennes sur la nuit l’idéogramme où l’animal dompte sa rage,

Contraint sa force obscure.

Paix dans nos veines, oiseau sans lèvres et qui modèles dans ma glaise un chant pourtant complexe : où convergent nos sangs je vaque à la parole, ton bec métamorphose

En verbe le cri gourd.

Parole d’oiseau c’est : à ton bec un sourire comme à la pierre une aile, à mon cou ta feuille instruite de lumière et qui scande un propos

Sous l’émotion des brises.
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