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 [Campagne: Les montagnes hallucinées] Journal Halluciné

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Azathoth
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MessageSujet: [Campagne: Les montagnes hallucinées] Journal Halluciné   Jeu 17 Déc 2009 - 21:37

Ce qui suit est un témoignage unique ou les propos d'un fabulateur, un écrit inestimable ou une farce risible, une raison de choisir la Mort....ou d'aller vers la Vie. Nul ne sait, même à l'heure actuelle, et nul ne saura jamais. Cessons quelques seconde de faire semblant, et avouons-nous le: Nul ne voudra jamais savoir.
Lester Lenoir a réellement existé, a réellement été journaliste dans les années 30 pour le National Geographic. Il est réellement parti en expédition en Antarctique. Pour le reste...nous vous laissons seuls juges, lecteurs.
Il fut décidé, a posteriori, de créer un plan pour améliorer la lisibilité du "Journal Halluciné". A part cela, rien n'a été changé, corrigé, enlevé ou ajouté.
Nul ne voudra jamais savoir...Mais le doute, le doute....




Lester Lenoir (1897 - ?)

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I/ Le grand départ

1 - Rencontre au sommet

6 Juin 1933
New York a survécu aux scandales, aux crises, et même aux démocrates! Mais tiendra t-elle face à cette écrasante chaleur qui accable les habitants de la plus civilisée des métropoles? Chaque rayon reflété par les vitres de nos buildings, chaque parcelle de lumière posée sur l'asphalte de nos routes me pousse à croire que cette canicule infernale finira par avoir raison de nos plus urbaines défenses!
(En toucher un mot au chroniqueur climatique du National Géographic. Il aura peut-être besoin de ma verve, étant donné le peu d'entrain qu'il a donné à ses derniers articles...)
Mais enfin, cher journal, c'est pour te faire part d'une ô combien bonne nouvelle que je me confie à tes pages aujourd'hui. Lester Lenoir, grand reporter pour le National Géographic, globe trotter inlassable, conquistador de l'information, renoue avec l'Aventure. Et quelle aventure: L'Antarctique!

Je savais bien que je devrais y retourner un jour, mon passage auprès de Byrd n'ayant été au final que l'introduction à une future Aventure humaine, journalistique et scientifique! Paysage de glace aux confins du monde connu, indompté continent neigeux aux monts infoulés, immense chaîne mesurant deux fois l'Himalaya, me voilà!
Je m'emporte quelque peu, journal, et doit bien rétablir la vérité: L'Antarctique a été foulé par de nombreuses personnes depuis presque cent ans qu'il fait l'objet d'études humaines, mais jamais encore il n'a révélé de ses mystères au monde! Mon sens journalistique me l'affirme, il reste encore tout à découvrir sur l'australe terre blanche! La cyclopéenne chaîne montagneuse nous cache encore de nombreuses choses!
Bref, bref, je me perds en rêveries quand je devrais au plus vite coucher sur papier ce qui tient de l'information.

Ce matin, arrivé comme à mon habitude ponctuellement au bureau, je me mis à brasser la presse. Il est toujours intéressant de se pencher sur le travail des "collègues", voir leurs fautes, bêtises en tout genre, pour ainsi les éviter par la suite. Le public doit mériter ce qu'il y a de mieux en matière d'information! Ainsi, je lis, quand soudain Tommy - Photographe souvent attaché à moi - m'annonce une étonnante nouvelle, sachant bien entendu que j'allais lui porter le plus grand intérêt: James Starkweather est en ville et recherche du monde pour compléter une nouvelle expédition vers l'Antarctique! Il ne m'en fallu pas plus pour que je laisse tout sur place et que je contacte le plus grand aventurier des temps modernes, égal en prestige aux Grands Hommes de ce monde!, afin de pouvoir me joindre à son équipe. Il fut décidé d'un rendez-vous dans un Hôtel près de Time Square, au coin de la 8ème et de la 44ème.
Starkweather...Mythique arpenteur de la chaîne himalayenne, invincible gratteur de mystère, souleveur du voile opaque de nos doutes, il assure à l'humanité sa place de première espèce! Seule l'humanité, grâce à des personnes telles que Starkweather - fer de lance inusable - repousse depuis tant d'années la Nature dans ses retranchements, remet en cause la toute puissance divine! Prométhée moderne! Quels secrets encore vas-tu nous offrir pour nous rendre plus dignes, plus forts, plus grands?!
Et bien, voilà que je tremble. Je dois dire que l'excitation me tiraille plus que jamais. Mais revenons à cette journée sensationnelle.

Arrivé dans le hall du Amherst hôtel, obligé de constater que la chaleur, sans même s'être présenté, y avait élu domicile. J'allais m'asseoir sur un fauteuil de velours rouge, au salon, non loin du comptoir principal. En l'espace de 25 minutes, quatre personnes vinrent me tenir compagnie. Quatre personnes qui elles aussi avaient rendez-vous avec Starkweather et son associé, William Moore. Scientifique reconnu par ses pairs, Moore avait déjà accompagné Starkweather sur la mission Himalayenne. Je reviendrai sur lui plus tard.
De ses quatre personnes avec qui je vais partager un voyage hors du commun, que j'en dise un mot:

**Sommité internationale en paléontologie, Elliott Crane est un scientifique affable que son épaisse moustache grisâtre et son léger embonpoint rendent rapidement sympathique. De taille moyenne, bien mis, il semble de plus posséder un caractère calme et réfléchit. Pas étonnant que ce soit un ami de Moore...Il est venu spécialement de Salt lake City pour s'entretenir avec les organisateurs, mais grand bien lui a prit car le voici parmi l'équipage!

**Pour servir de guide, Nathan Patterson. Grand, de belle figure, il fait montre d'un charisme indubitable derrière sa barbe ma dégrossie et son air bourru. Quant à sa façon de s'habiller, nous avons la chance de nous rendre là où aucune vie ne pourra être témoin d'une telle simplicité. L'homme vient d'Alaska (Ceci explique cela...), et est éleveur et dresseur de chiens d'après ce que j'ai cru comprendre. Une aide obligatoire pour qui veut survivre en milieu polaire.

**Robert Thorns, longiligne personne au visage creusé, est spéléologue - C'est en tout cas son activité principale a t-il souligné (Et étant donné les traits cassés de son visage, qu'il veuille vivre sous la terre est compréhensible). D'un caractère qui semble affirmé et volontaire, nul doute que nos périples sous la roche seront animés. Le journaliste que je suis trépigne déjà d'impatience à cette idée.

**La touche exotique nous vient d'Europe centrale, avec Dieter Brannberg (Ecris-je seulement bien son nom?). A cette douce sonorité, impossible de douter que notre ami vient tout droit de Prusse. Une fois la conversation entamée avec lui, même le plus sourd des américains ne pourrait remettre cela en cause... De large taille et de haute stature, les traits carrés, son visage ne trahit que peu ces sentiments. Il est ingénieur, et à ce titre, d'importance certaine pour la mission. Pour que Starkweather ait fait appel à lui, et donc que ses capacités aient franchies les frontières de l'ancien monde, on peut être sûr de son expérience en la matière. J'espère...

Ainsi, voici un panel des hommes avec qui je partirai pour la prochaine mission polaire. Il va me falloir un peu de temps pour les connaitre, les décrypter, fouiller en eux et en extraire la substantifique moëlle dont se nourriront mes lecteurs.

Pour revenir à Starkweather et à notre entretien, il s'est magnifiquement passé. D'une jovialité communicatrice, l'explorateur a su reconnaitre en moi le journaliste que les limites n'effraient pas, bien au contraire! Il est même, et ça fait ma fierté, admirateur de mes articles réguliers! La flamme qui nous anime pour cette expédition brillera et réchauffera, j'en suis certain, tout l'équipage et toutes les personnes qui auront le regard porté vers le Sud et suivront avec avidité notre périple! Cette mission sera I-NOU-BLI-ABLE.
Si je dois reconnaitre la force de caractère de Starkweather (Après son échec lors de sa mission au pôle nord, qui aurait cru qu'il se relèverait pour se lancer un défi encore plus grand! Voilà une nouvelle preuve, si il est encore besoin d'en donner, que cet homme est un Grand Homme.) je dois aussi émettre des doutes sur son coéquiper et associé, William Moore. Si cet homme a l'âme d'un aventurier, alors celle-ci est bien cachée! Pour peu il semblerait que cette mission soit pour lui plus un calvaire qu'il se doit d'endurer, motivé autant que résigné à mener cette mission à bien. Mais ce n'est pour le moment qu'une première impression, et je me dois de m'entretenir rapidement avec lui pour le sonder et le comprendre mieux. Il est sans doute indispensable à cette mission, mais diable, si Starkweather en est la flamme lui en est la poudre!


7 juin 1933
Nuit agitée. La chaleur pesante alliée à mon excitation ne concordent pas à rendre mon sommeil paisible. Si je rajoute à ça les sueurs d'un cauchemar dont je ne me souviens qu'à peine, je peux être certain que deux ou trois nouvelles nuits comme celle-ci suffiront à m'achever. (Je prendrai, ce soir, mes calmants.)
Mais, plus intéressant que parler de mes nuits agitées, je voulais revenir sur la journée d'hier et sur ce que j'ai omis d'écrire.

Il fut décidé, avant que mes "camarades" et moi nous nous quittions, que nous gardions contact. Le départ étant prévu pour la mi-septembre (Le 14 exactement), j'espérais avoir le temps de me pencher sur leur cas personnels. Je distribuais alors, à chacun, une de mes cartes et prenais leurs coordonnées.
Crane reste quelque temps sur New York. Je devrais le contacter d'ici peu.

Avant de partir, il me semble évident de faire quelques recherches sur la dernière expédition en Antarctique, organisée par l'Université Miskatonic. Un fiasco total au final, même si, je me souviens avoir écrit là dessus, les découvertes qui avaient eu lieu semblaient plus qu'importantes. Tous les médias s'étaient pris de passion pour cette aventure, annonçant au jour le jour se qu'il se passait...jusqu'à cette fin dramatique au camp de Lake. La mort aura toujours le devant de la scène.


2 - L'expédition Lake & Dyer

17 juin 1933
Mystère! Mystère, ô Mystère comme je t'adule! Tu es partout, et mon oeil te cherche, et ma main te touche que déjà tu disparais pour réapparaitre plus loin! J'aime mon métier, et cette mission en Antarctique crée en moi une enfantine excitation rarement ressentie! Le mystère plane sur ce qu'il s'est passé lors de la dernière expédition! Mais j'ai encore de nombreuses choses à faire et je ne m'étendrai plus sur le sujet que lorsque la pression sera un peu retombée!
Je prends juste une minute pour préciser que McDuphy, mon chef, m'a donné carte blanche pour cette mission. Un article durant les mois précédant la mission, et ensuite, une double page mensuelle! Je vais faire vibrer les coeurs américains!
Mystère!

02 juillet 1933
Enfin, voilà un peu de temps pour que j'expose à tes pages immaculées, journal, les nombreuses informations recueillies.
Déjà, à ces personnes que j'ai rencontré dans le hall du Amherst hôtel il y a presque un mois, je dois reconnaitre leur dévouement et leur implication dans la future mission. Chacun, de leurs côtés ou par un travail d'équipe improvisé, a cherché à se renseigner sur ce que fut l'ancienne mission. Apprendre d'hier pour avancer vers demain, un incontournable.

L'ancienne expédition, organisée effectivement par l'université Miskatonic, avait pour but d'augmenter la somme des connaissances sur ce continent inconnu. Rien qui ne permette de soulever les foules. Jusqu'à ce que la mission prenne un virage...un virage qui la mena droit dans un mur.
Cette mission était menée par Lake et Dyer, le premier biologiste et le second géologue. En plus d'eux, deux autres scientifiques étaient présents, Atwood et Peabodie, quelques étudiants, mécanos, et deux marins qui servaient aussi de guide. De tout ce beau monde, seuls Peabodie l'ingénieur et McTighe, le responsable radio, sont encore joignables. Les autres sont morts ou volatilisés dans la nature.

La mission se scinda en deux camps lorsque Lake découvrit ce que certain scientifiques considèrent aujourd'hui comme des fossiles au mieux, comme des bêtises, au pire. Dyer, moins enfoncé dans les terres de glace, devait rester en arrière quand Lake continuait de mettre à jour ce qui semble être pour moi, l'un des grands mystères de cette mission, quelque chose qui pourrait remettre en cause toute notre connaissance de l'évolution des espèces!
Le camps de Lake fut ravagé, officiellement, par une avarie climatique, ne laissant aucun survivant. Dyer et son équipe de secours ne purent rien récupérer. Seul son rapport nous éclaire sur ce qui se tramait là bas.

J'ai eu l'occasion d'aller jusqu'à Arkham lors de ces dernières semaines, et ai pu rencontrer Crane qui avait lu le rapport de Dyer après qu'il soit revenu de l'enfer blanc. Je vais tenter, en quelques points, d'en exposer les principales lignes (les lignes les plus intéressantes, en tout cas, le jargon scientifique n'ayant qu'un intérêt très limité à mes yeux...)
--Premier point, de ces "choses" découvertes par Lake dans la glace, un conflit existait entre Dyer et lui. Les fossiles "aux formes faisant penser à des étoiles de mer allongées" dataient d'il y a près d'un milliard d'années selon le biologiste! Comment était-ce envisageable quand seule la vie unicellulaire existait sur Terre à ce moment là? Lake disséqua l'ancienne forme de vie et affirma qu'un organisme animal le composait! Organisme animal datant d'un milliard d'années! Soit il était fou, soit il avait devant lui la découverte la plus extraordinaire de notre siècle! Quoi qu'il en soit, Dyer est persuadé que Lake se trompait et qu'il avait à faire à un organisme, au meilleur des cas, végétal. Un biologiste pourrait-il faire une telle erreur et se risquer à l'affirmer si il n'en était pas certain? J'en doute...Lake avait trouvé quelque chose.
--Deuxième point, Dyer parle des formations étranges, cristallines, cubiques, énormes, qu'il a pu apercevoir en les survolant. Des masses de glace, ou d'on ne sait quelle matière, se tiendraient en équilibre sur le flanc des infranchissables montagnes. Il me tarde d'apercevoir ces formations monolithiques afin de me faire ma propre idée sur elles.
--Troisième point, des traces dans les roches ont été trouvées par l'équipe Lake, des pierres creusées de façon étrange, et selon le chef d'équipe, intelligente. Des preuves de communication, osons le dire! Cependant, Dyer, en son rapport, affirme que Lake délirait, et que seul un phénomène d'érosion naturelle aurait pu créer ses traces. Cette fois-ci, le géologue semble parlait plus en connaissance de causes...mais pour l'attrait du mystère, c'est en Lake que j'ai envie de croire!
--Quatrième et dernier point, moins important mais qui porte aussi son lot d'interrogations: Tous les chiens du camps de Lake ont été retrouvés égorgés, et la faute pèse sur un étudiant de Peabodie, Georges Gedney, étudiant dont on n'a pas retrouvé le corps parmi les autres cadavres. N'est ce pas excitant, journal?! Folie de masse, illusions, véritables découvertes prêtes à changer notre vision du monde? Tant de réponses que moi, Lester Lenoir, je vais tenter d'élucider!

Au final, Dyer est injoignable. Proche ami de Moore, j'ai seulement pu apprendre, par l'intermédiaire de Crane, que celui-ci avait reçu un carte postale venant d'Hawaï et signée de la main de Dyer. Le géologue était devenu taciturne et peu ouvert aux autres. J'imagine qu'un tel choc (La mort d'amis et l'échec d'une telle mission) est la cause logique d'un replis sur soi même. Peabodie a pu être interrogé, sans apporter grand chose.

03 juillet 1933
Une bien meilleure nuit de passée. Les calmants que m'avait confié le docteur Finkelt lors de mes premières insomnies datant de plusieurs années font toujours miracle. Pas de souvenirs de cauchemars, bien qu'une légère sensation de malaise au levé du lit.

Quelques dernières choses que j'ai rassemblé sur notre future mission. Moore et Starkweather se connaissent depuis sept années, et se font donc confiance j'imagine. Cependant, il existe une tierce personne dans l'affaire. En effet, bien qu'organisée par les deux personnes citées, le financement de l'expédition ne vient pas d'eux. Un financement privé. J'ai bien entendu tenté de creuser pour trouver qui, mais ni Moore (peu étonnant) ni Starkweather (plus étonnant) ne veut donner une moindre explication là dessus. Je sais seulement que Moore a contacté Starkweather et à ensuite, lui même, contacté ce tiers.
Le financement est privé ET secret m'ont-ils affirmés! Ils ne connaissent pas assez Lester Lenoir...Tout ce qui est secret m'appelle pour que je fasse la lumière! Je finirai par découvrir qui est cette personne, ou cette société, foi de journaliste! (Foi de bon journaliste!)

Pour le 14 septembre, environ 30 personnes sont attendues. Une mission plus importante que celle de Lake et Dyer. Tant mieux, mon flair me dit qu'on ne sera pas de trop!


Dernière édition par Azathoth le Ven 18 Déc 2009 - 11:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Campagne: Les montagnes hallucinées] Journal Halluciné   Jeu 17 Déc 2009 - 21:41

3 - Objets perdus

1 septembre 1933
Déjà le mois de septembre! Deux mois que je t'ai délaissé, journal, pour cette raison invincible qu'est l'excitation. Car oui, elle n'a cessé d'être présente, d'être tenue vivante et constament ravivée par ces combustibles que sont la curiosité et l'impatience!
L'expédition prend peu à peu forme à ce jour. L'équipe, presque au complet, se retrouve à l'hôtel Amherst (J'ai moi même aménagé il y a quelques jours pour être au plus près de l'équipe et déjà forger quelques liens). J'espère avoir le temps d'interroger chacun des membres, enfin, presque chaque membre...certains, au moins un, n'en vaut pas la peine...
Ce matin, c'est une lettre de Moore qui attendait chaque personne participant à la mission dans l'imposant hall de l'hôtel. Celui-ci demandait à chacun d'entre nous de se rendre sur les quais et de trouver le S.S Gabrielle, l'insubmersible navire qui nous mènera jusqu'au bout du monde!

Je retrouvais Brannberg, Crane et Thorns, hommes avec qui j'ai lié d'amitié. Patterson, que j'espérais retrouver pour quelques questions n'était pas là. Je ne l'ai pas vu de la journée. En ce qui concerne les autres membres de l'expédition, je les ai rencontré sans pour autant, encore, approfondir ce qui sera le plus intéressant: Motivation, raisons d'aller là-bas. Quelques questions pour un grand journal, je suis certain qu'ils m'accorderont chacun une petite entrevue.
Après avoir pris quelques photographies du navire, (plus petit que ce à quoi je m'attendait,je l'avoue. Moins...moins "lumineux" ai-je envie de dire..) j'ai rejoins mes compagnons dans la cabine de Moore. Toujours aussi peu affable, Moore nous a seulement annoncé le programme de la journée: Visite au médecin, auprès du tailleur pour notre équipement polaire et rencontre avec les journalistes.
Le médecin, Richard Greene, est quelqu'un d'intelligent, vif et plein d'humour. Je regrette seulement qu'il soit le seul membre de l'équipage doué en médecine. C'est, à mon avis, prendre un certain risque...Enfin, partons du principe qu'il n'arrivera rien, ou alors, que nous surmonterons tout!
Les mensurations prises, les informations données sur les risques encourues ayant été clairement expliquées, nous avons rencontrés les journalistes de New-York et d'ailleurs. Ce fut amusant de se retrouver de l'autre côté de l'objectif, et j'avoue y avoir pris un certain plaisir. A la différence de Thorns, que j'ai aidé à éviter la foule. Cet homme, il y a des chances pour qu'il s'installe définitivement au Pôle Sud une fois que nous y serons: En compagnie de la glace et des vents, il s'y sentira mieux qu'avec les Hommes...

Dans la soirée, nous nous sommes réunis dans ce que l'on nomme la "chambre rose" de l'hôtel Amherst. L'équipe au complet était là afin d'écouter un discours de Starkweather, emphatique et motivé, aidé il est vrai par le whisky qui trônait à sa main droite. Chaque membre semble prendre à coeur l'importance de la mission, et cela ne peut que me rendre joyeux, et à travers mes futurs papiers, rendre joyeux l'Amérique entière! La cohésion, la fraternité d'hommes ne se connaissant pas la veille mais prêt à risquer leurs vies, le lendemain, pour la réussite future de chacun, de tous! Quelle beauté que l'humanité quand elle resplendit de la lumière de la passion!
Du feu de Starkweather, nous sommes passé à la flammèche de Moore, qui a expliqué à chacun la tournure que prendrait les prochain jours, jusqu'au départ: Inventaire. A partir de demain, l'inventaire complet du matériel à emporter devra être effectué par nous, les membres, afin de s'assurer qu'il n'y a aucun problème...Comme si nous n'avions pas d'autres choses, plus importantes, à faire! N'aurait-il pas pu engager de ses bourrus hommes qui trainent leurs chaussures trouées sur les docks pour faire ça! Enfin...un mal pour un bien, cela me permettra de faire plus ample connaissance avec mes coéquipiers de manutention...
De plus, Moore a insisté pour que chaque matin un compte rendu ait lieu à la chambre rose. On se croirait à l'armée...si ce n'était pour la bonne cause, je ferai en sorte d'être absent à ces rendez-vous qui seront, on peut le penser, rébarbatifs et sans intérêt.

Pour finir, une nouvelle très importante: D'autres expéditions devraient partir pour l'Antarctique d'ici peu! Trois, pas moins! Deux américaines, dont celle de mon aventurier d'ami, Byrd, (l'autre est celle d'un certain Elsworth) et une allemande (Falken quelque chose, je demanderai le nom exact à Moore demain). Celle de Byrd part d'ici janvier, mais pour les deux autres, je ne saurai dire. Sans qu'il y ait de climat de concurrence, ce qui serait absurde, assurément, j'ai senti l'assemblée vibrer d'un air commun de défi à cette annonce. Mais relever des défis est le propre de l'Homme, et ne nous y trompons pas: C'est la Nature qui sera le notre bientôt, et non d'autres Hommes.


Ah...j'allais oublier. Je ne suis pas le seul "journaliste" présent dans l'équipe. Wilkinson, ce parasite du New York Herald, cet avorton qui confond écriture et bave est présent. Son ton ironique et ses manières hypocrites ont déjà réussi à créer une tâche d'ombre sur le blanc bonheur de mes futurs jours. Enfin, soyons lucides, il ne me concurrencera sûrement pas en ce qui concerne la médiatisation de l'expédition! Je serai sur tous les fronts, je détaillerai tout ce qu'il faut, je séduirai le Monde!
Me voilà de nouveau énervé...je vais essayer de dormir, demain, une grosse journée nous attend.


3 septembre 1933
Que n'ai-je pas écrit il y a deux jours! L'inventaire n'était pas facultatif, mais bel et bien indispensable! De graves problèmes d'organisation sont mis à jours...ou de sabotage! Mais ne nous avançons pas trop encore. Le fait est que de nombreuses personnes, dont moi, ont découvert des manques, et pas des choses les plus inutiles: Générateurs électriques, sacs de ciment, traineaux, etc!
Moore, dès le premier compte rendu à la chambre rose nous a demandé de faire les démarches, chacun, envers les organismes qui n'avaient pas expédié la marchandise. Il fut alors découvert de nombreuses et différentes raisons: Pas d'argent envoyé, problème d'acheminement lié à la législation, jamais commandé, etc
Cela laisse pantois, à moins de deux semaines de l'embarquement, de tels manque. Et cela fait naitre la suspicion...Soit c'est une organisation digne d'un amateurisme confondant - Mais qui oserait remettre en cause Starkweahter et Moore? - soit certaines personnes ne veulent pas que l'on parte...ou souhaitent qu'on ne revienne jamais...Cela fait froid dans le dos. J'ai envie de croire que ce sont des oublis, des ratés comme il en existe obligatoirement dans une expédition de cette envergure...mais, au fond de moi, une peur est née..

4 septembre 1933
Et bien...et bien...tout ne pouvait pas bien se passer j'imagine, tout ne pouvait pas être parfait...mais quelle est cette malédiction qui nous frappe à présent?! Il est près de 23h en ce moment, et mes mains tremblent de colère, et mes pensées se bousculent, et l'incompréhension me gagne!
Tôt ce matin, il faisait encore nuit noire, je fus réveillé, comme tout l'hôtel, voir comme tout New York, par les cris explosifs de Starkweather. Il tambourinait à la porte de Moore, de façon acharnée, le visage rouge de colère, invoquant son coéquipier comme on lance un ultime appel à quelque sourde déité pour être sauvé de je ne sais quel terrible sort! Jamais je n'avais cru qu'il pourrait se mettre dans une fureur si noire. Une fois que Moore lui ouvrit, je réussi, avec Thorns, à entrer dans la chambre.
"C'est elle! C'est elle! La sabotage, c'est elle!"
Voici que je pus entendre, et ce que put donc entendre les nombreuses personnes massées devant la porte de la pièce.

Elle, c'est Acacia Lexington, une jeune femme riche, dilettante accomplie dont le premier loisir est de faire parler d'elle en étant là où personne ne l'attend. Une femme qui cherche à prouver que sa fortune ne lui sert pas à entretenir une vie oisive, mais au contraire palpitante, faite de rencontres et d'événements qui devraient faire parler d'elle à travers le monde. Bref, une quatrième expédition en partance pour les terres gelées du Sud...On croirait presque une tentative de colonisation...Starkweather a lâché un journal dans la chambre de Moore, avant de repartir vers la sienne, tout aussi énervé en lâchant ces mots: "Trouvez moi un femme! Je veux une femme!"
La raison, la voici: Mademoiselle Lexington a annoncé à la presse qu'elle partirait vers l'Antarctique le 10 septembre, et cela pour prouver que femme et aventure pouvaient rimer...D'où le besoin de trouver une femme pour l'expédition afin de parer les futures attaques d'une presse acquise à la cause de Lexington, et les propos qu'elle même pourrait tenir.
Une femme dans l'équipage...pourquoi pas. Même si, c'est certain, rien n'est plus à même de créer des différents entre les hommes...J'espère que Starkweather aura la présence d'esprit d'en prendre, sinon une peu futée, au moins une laide.

Le rendez-vous, ce matin, fut électrique. Starkweather n'était pas présent, et Moore dépité. Des manquements de la veille étaient encore listés. Mais la nouvelle la plus troublante était à venir...C'est d'un ton qui se voulait neutre et réfléchit que Moore annonça que le départ, notre départ, était dorénavant prévu pour le 9 septembre! Cinq jours plus tôt que prévu, sachant que l'inventaire n'était pas fini, loin de là, et que des manquements ne seraient jamais comblés à temps! Folie de l'orgueil? Non, non, pas Starkweather...Ou alors cette Acacia Lexington lui aurait fait perdre la tête (une habitude toute féminine!)? Quoi qu'il en soit, et malgré quelques protestations vite éteintes, la journée suivie son cours.
Il nous faut nous serrer les coudes à présent, et travailler vite et bien. Encore 5 jours...

Pour bien finir cette journée, Brannberg a reçu une lettre anonyme, il y a quelques heures, lui demandant, à lui et à l'équipage, de ne pas se rendre en Antarctique sous peine d'y trouver la mort. Sybilline, la lettre est soit de la main d'un fou, soit de celle d'une personne à l'humour peu convaincant, soit...soit celle d'une personne qui ne voudrait pas que l'on empiète sur une autre expédition, par exemple...
Tout ce que dont nous pouvons être sûrs, à l'heure actuelle, c'est que de deux façons différentes on tente de nous mettre des bâtons dans les roues: En sabotant le matériel et en envoyant des lettres de menace.
Mais Lenoir va mener l'enquête, et foi de journaliste d'investigation, on finira bien par découvrir qui nous veut du mal et, dans tous les cas, par poser le pied en Antarctique et à en revenir!
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MessageSujet: Re: [Campagne: Les montagnes hallucinées] Journal Halluciné   Ven 11 Juin 2010 - 10:25

4 - Panique au Westbury Hôtel

5 septembre 1933
Maudite lettre! Je l'ai lue et relue avant de m'endormir, cherchant désespérément un indice quelconque pour percer à jour la personne derrière elle...Mais rien. Une écriture hachée que l'on croirait venir d'un enfant, des phrases au sens abscons, des mots inventés qui pourraient sans aucun doute sortir tout droit d'un manuel ésotérique au rabais...La nuit était bien avancée lorsque je décidai de me coucher. J'aurais certainement mieux fait de tenir compagnie à ma fidèle lampe tant mon sommeil fut trouble. De nouveau des cauchemars peuplés de formes, de bruits, de cris...

La journée aurait été des plus mauvaises si je ne m'étais astreint qu'à l'inventaire, encore et toujours l'inventaire. Un journaliste, qui plus est de ma trempe!, devrait avoir des buts autres qu'un travail de manutentionnaire. Je suis bien conscient de l'importance de celui-ci (Moore me le rappelle constamment au besoin...) mais que sont deux bras quand la tête peut servir bien autrement, à des projets bien plus géniaux!
C'est le professeur Crane qui m'apporta le salut. Décidément, cet homme me plaît de plus en plus. Derrière sa petite bedaine doit probablement se cacher un esprit journalistique: Il est curieux, affable et certainement aventureux. Mais passons au vif du sujet, le capitaine Douglas.
Crane m'a confié en fin de matinée que le professeur Moore lui avait demandé de se charger personnellement, pour le compte de l'expédition, de la rencontre avec le capitaine Douglas à New York, ce même capitaine qui allait prendre la barre afin de mener l'expédition vers son lointain destin. L'accueil du personnage devait être fait dans la plus grande discrétion, le lendemain, au Westbury Hôtel. Foi de Lenoir, il fallait que j'obtienne de cet homme, avant que son importante tâche ne l'accapare complètement, une entrevue. Discrètement, bien entendu.
Cher journal, tu te doutes bien que l'information devait rester secrète, et c'est pourquoi nous établîmes avec Crane une excuse lui permettant de s'innocenter face à Moore. Je devais annoncer avoir pisté le professeur Crane jusqu'au Westbury, ayant flairé quelque chose. Aventureux mais non téméraire notre cher paléontologue, et c'est tant mieux.
Il fut décidé de se rendre au Westbury la nuit tombée, aux alentours de 22 heures, afin de préparer le terrain. En attendant, c'est l'inventaire qui reprenait...

Je retrouvai Brannberg et Thorns, ainsi qu'une grande partie de l'expédition, enfermés dans les entrepôts, allant et venant en combattant sur deux fronts la chaleur et l'impatience. Et de nouveau la mauvaise surprise fut au rendez-vous lors des comptes de fin de journée. Le manquement principal était à attribuer aux radios dont les tubes à vide avaient disparu, radios qui étaient censées avoir été inspectées la veille, en grande partie du moins, par le technicien spécialisé Laroche. Je ne connais pas Laroche pour le moment, mais derrière son air bourru j'ai vu poindre de l'anxiété. Il a arrêté de fumer me disait-il cet après-midi. Peut-être devrait-il reprendre...Quoi qu'il en soit, c'est lui qui s'est occupé du problème.

22 heures sur New-York, la chaleur fait place à la moiteur et ma discrétion à l'excitation. Alors que la plupart des personnes se sont endormies, je sors du Amherst Hôtel pour m'engouffrer dans la bête quelque peu pétaradante qu'est ma Ford AF. Juste avant, par soucis de précaution (et de machiavélisme, j'avoue) je glisse assez de sucre dans le réservoir de la voiture de Wilkinson pour que ce parasite ne puisse en aucun cas me voler le scoop.
Une demi-heure plus tard je garais mon véhicule à quelques rues du Westbury et ne tardais pas à pénétrer dans son hall à l'allure modeste, pour ne pas dire délabrée (tapis usé, ampoule vacillante...). Le réceptionniste était là, la quarantaine, les traits fins, et le regard alerte lorsque je pressais mes pas vers le comptoir, visiblement ennuyé qu'une personne vienne rompre la monotonie à laquelle cette soirée l'avait habituée.
Le temps d'une présentation rapide et j'obtins assez facilement la confirmation de l'arrivée de Douglas au lendemain. Pour agir discrètement, le mieux est encore de ne pas être vu. Les quelques dollars que je glissais vers l'homme devaient m'assurer qu'il ne me verrait pas de la journée du 6, même lorsque je monterais vers la chambre du capitaine pour obtenir une petite entrevue informelle.

De retour dans ma chambre, rattrapé par la nuit difficile de la veille, je m'écroulais sans tarder dans le sommeil.

6 septembre 1933
Des bruits dans les couloir, rumeurs incertaines menées par des pas qui résonnent et finissent par me sortir de ma torpeur, de ma nuit sans rêves. Que n'aurais-je donné pour avoir dormi toute cette journée au lieu de franchir le seuil de ma chambre et d'enclencher, par la faute de je ne sais quel mauvais génie, une suite d'événements qui allait finir par entrainer mes compagnons et moi en prison. Fatalité, jeu du Diable, quand cesseras-tu donc?

Le capitaine Douglas est mort. J'encaisse le coup dur, et regarde s'attrouper autour de la chambre de Starkweather les journalistes de tout New York venus chercher du sensationnel pour leurs gazettes à 2 cents. Le temps de croiser le visage contrit du professeur Crane et je m'approche de lui afin d'échanger quelques mots que l'hébétude et la colère tardent à traduire. Brannberg et Thorns se joignent bientôt à nous.
Nous apprenons rapidement que Moore est introuvable, et qu'à la place, en sus des journalistes, la police est parmi nous. Il ne m'en faut pas plus pour retrouver courage! Si la police est là, c'est qu'il y a lieu de mener des investigations, si il y a lieu de mener des investigations, il y a Lenoir! La mort du capitaine Douglas est la goutte qui fait déborder la coupe, le vase, la cuve ou encore la mer! Cette expédition ne deviendra pas un fiasco avant même son départ, et je décidai de faire en sorte de laisser ma place en défense pour enfin prendre l'offensive! Alors que Thorns, Brannberg et Crane s'éloignaient des attroupements journalistiques, je me dirigeai vers l'agent en faction, inspecteur de son état, que j'allais apprendre à connaitre plus que je ne l'aurais voulu...

Un visage large, carré, où se dessinaient bien malgré eux des traits durs, et où s'enfonçaient deux yeux noirs qui, plus que son arme, semblaient pouvoir vous tenir en joue lorsqu'il les braquait sur vous. Un soulèvement rapide de feutre laissant apparaitre une chevelure grasse et sombre, plaquée sur son large crâne, accompagné d'un grognement censé être une formule d'accueil. Une présentation rapide de l'homme: Inspecteur Hansen.
Hier soir, deux marins sur le retour de leur journée de travail avaient entendu du boucan sur les quais de Battery peu avant de voir un homme s'enfuir vers la ville alors qu'un autre se débattait dans les eaux froides du port. Malgré la réactivité d'un des marins, le suspect réussi à s'enfuir, et l'homme repêché, Douglas, succomba à ces blessures portées, semble-t-il, par un objet contondant.
J'eus beau tenter d'obtenir plus d'informations, rien n'y fit. L'enquête suivait son cours, et voilà tout. Avait-on une idée du coupable? Y avait-il un lien direct avec l'expédition? Le silence de l'officier de police, frustrant au possible, entraina Brannberg, Crane et moi même à agir. Si l'expédition devait subir des pressions allant jusqu'au meurtre, on ne pouvait rester là les bras croisés! La décision fut prise de se rendre au Westbury Hôtel, et d'aller mener notre propre enquête! Ce fut là, cher journal, qu'une vague d'excitation m'envahit - Peut-être était-ce parce qu'enfin je trouvais dans mes compagnons une légitimité pour "agir".

Lorsque que nous pénétrâmes dans le hall du Westbury, il devait être près de 11h30. Le réceptionniste de la veille était toujours là, accompagné cette fois-ci d'un policier qui nous toisa rapidement avant de laisser ses pas le mener dans un autre coin du hall. Le manque de sommeil se faisait voir sur le visage de l'employé d'hôtel, mais il me reconnut au premier coup d'oeil. Il n'allait pas tarder à pouvoir rentrer chez lui, mais avant, il devait nous en dire plus sur Douglas. Nous obtînmes, pour quelques billets de plus (que de frais annexes!), la confirmation de la réservation de Douglas à l'hôtel trois jours avant, à la chambre 21, deuxième étage. Ainsi que la précision qu'un policier était placé devant la porte de feu le capitaine. Il ne fallut pas plus de quelques minutes aux esprits brillants que sont Brannberg et Crane pour établir un plan: la chambre 23 communiquant certainement avec la 21, ils en eurent confirmation rapidement, il serait certainement possible à un esprit téméraire de passer de l'une à l'autre facilement. Cependant, dans l'espoir de faire ça sous couvert, le policier de garde devait être occupé. Brannberg lui parlerait donc pendant que Crane et moi rentrions, quelques minutes plus tard, dans la chambre 23. Pour finir, pendant que Crane faisait ostensiblement du bruit pour me couvrir, je fouillerais la chambre 21 à la recherche d'indices sur le décès prématuré du capitaine. Nous n'avions plus alors, après la fouille rapide, qu'à repartir tranquillement à des moments différents pour se retrouver enfin à la voiture.
Trois esprits aussi vifs que les nôtres ne pouvaient que mener à bien un tel plan! Et ce fût presque le cas cher journal, presque le cas....Malheur, malheur...

Brannberg s'occupa comme il se devait de notre ami de la force publique, permettant peut-être à l'homme en faction de se sentir un peu plus vivant que lors des dernières longues heures passées devant un mur. Crane et moi surgîmes 5 minutes plus tard, pénétrant sans tarder dans la chambre 23. Dès lors, sans perdre une seconde de notre temps précieux, je cherchai à passer de l'autre côté, dans la chambre 21, alors que Crane agissait pour deux, voir trois.
La chambre de Douglas avait manifestement été fouillée, et sans délicatesse: tout était retourné, sens dessus dessous! Peut-être, néanmoins, pouvais-je compter sur la négligence des forces de l'ordre... J'ouvris les tiroirs des meubles, bureaux, tables de chevet, soulevai les quelques habits déposés ici ou là, fouillai les hauts des étagères. J'avais alors entassé sur une table basse des papiers récupérés dans la corbeille, que je n'avais pris le temps que de survoler rapidement, des photographies et, le plus important à mes yeux alors, des carnets - sans doute comparables à toi mon cher journal, c'est à dire recélant la part la plus secrète de l'homme. Si Douglas avait eu une raison de craindre pour sa vie, ce serait consigné à l'intérieur, j'en étais certain. Soudain, alors qu'il était temps de quitter les lieux, j'eus conscience d'un problème de logistique: Dans quoi allions nous transporter les documents?
Une valise, n'importe quoi. J'ouvris d'un coup sec la grande armoire présente non loin de l'entrée, entrainant avec mon geste inconsidéré la chute de divers objets, et et la remise en cause d'une possible discrétion. Je gardai silence, m'attendant à tout moment à voir le policier de garde entrer précipitamment dans la pièce. Brannberg, loué soit le baratin teuton, sut me sauver la mise.
C'est alors que tout se précipita.
Un crissement de pneu dans la rue en contrebas.
Crane me rejoignant pour m'annoncer que c'est Hansen et ses troupes qui arrivent.
Je mets alors tous les documents dans la valise trouvée, passe dans la chambre 23 avec le professeur. Hansen me reconnaitra dès qu'il me verra, je ne peux pas sortir par le hall. La valise non plus, dans le cas où ils fouilleraient l'un de mes deux compagnons.
Les pas de Hansen se précipitent dans l'escalier menant au deuxième étage, ils se précipitent dans nos crânes aussi! La décision est prise, Crane sortira normalement, avec Brannberg. Je me charge de trouver comment quitter le Westbury. Rendez-vous est donné à la voiture.
Crane s'empare alors de la valise et a l'idée de la laisser tomber sur un tas de détritus, juste en dessous d'une des fenêtres de la chambre 23, dans une discrète ruelle. Si jamais je ne sors pas, que les documents ne soient pas retrouvés avec moi!

Seul dans la chambre, il me faut une idée, et rapidement! Rester caché ici? Mais si Hansen se rend compte que la chambre de Douglas a été fouillée par d'autres, il passera le Westbury au peigne fin! Non, non...Le tout pour le tout, alors que les voix des policiers se font maintenant entendre derrière la porte, je me hisse sur le rebord de la fenêtre par laquelle la valise fut jetée. Je souffle fort, adresse une prière au Très Haut, et alors qu'un jeu de clefs joue avec la serrure de la chambre 21, je tombe plus que je ne saute.
Enfin de l'action! Une piètre mise en bouche lorsque je pense à l'Antarctique, mais cela me réjouis d'enfin oeuvrer par mes actes pour cette expédition que je chéris déjà avant son départ, cette expédition qui sera, j'en suis certain, le point culminant de ma carrière!

Je nage dans un monticule de détritus, tente de me redresser, renverse une poubelle et arrive enfin à me tenir sur mes jambes. Je me tâte, vérifie que tout va bien. A part l'odeur qui déjà imprègne chaque centimètre de mon costume, je suis toujours intact. Je cherche la valise des yeux, frénétiquement, heureux que "l'opération" se finisse bien malgré une fin douteuse. Je la cherche et la trouve, m'apprête à m'en emparer quand, sorti de nulle part, une voix dans mon dos résonne sur toute la ruelle.
"Hé là! Que faites-vous ici monsieur?"
Deux policiers en uniformes portent sur moi leur regard soupçonneux. Je sais mes pupilles valser dans leur orbite, et entends ma voix bredouiller "Je...J'ai fait un cauchemar..."

Ils n'ont pas cru à mon histoire, bien entendu...Mon imagination, pourtant, ne me fait que rarement défaut, tu le sais bien journal. Le fait que ma femme m'avait chassé de la maison, que j'en étais venu à m'endormir dans les poubelles, que je venais à peine de m'éveiller, encore un peu soûl, sortant d'un cauchemar...
J'ai fini au commissariat, dans une cellule des plus spartiates.
Cependant, nous avons bien agi, je le crois! Il faut parfois faire fi des moyens quand la fin recherchée est juste! Et à quoi mène la Justice sinon à la Vérité! Il ne sera pas dit que Lenoir ne fait pas tout pour la Vérité!

Brannberg et le professeur Crane sont passés en début d'après-midi au commissariat, alors que je n'avais reçu encore aucune visite particulière de Hansen. Ils ramenaient les preuves "empruntées" dans la chambre 21, ne voulant pas courir de risques inutiles. Ils furent interrogés par Hansen, chacun leur tour, et donnèrent la version de ce qui s'était passé, en n'omettant pratiquement rien.
Je fus moi même interrogé peu après eux, et après quelques tentatives de bluff sans succès (Hansen et son regard inquisiteur!) je donnais ma version des faits, version correspondant à celles de mes deux compagnons. C'est à ce moment là que j'appris qu'ils étaient passés avant moi et qu'ils avaient ramené les documents de Douglas. Je fulminais intérieurement, tu t'en doutes certainement journal, me rendant compte que tout le travail effectué, les risques pris, n'avaient mené qu'à ça! Une après-midi dans une cellule miteuse!
Les faits furent éclaircis, et c'est le professeur Moore, d'humeur assez glaciale, qui vint en personne nous sortir de prison en fin d'après-midi. Sa considération envers moi n'était, je crois, pas bien grande. A partir de maintenant, elle serait proche de l'inexistence...Mais que peut comprendre un théoricien à un homme d'action ?! Starkweather saurait pardonner notre action, aussi hasardeuse fut-elle.

En sortant, nous n'en savions pas plus qu'en entrant sur l'affaire Douglas, bien entendu. Nous apprîmes seulement que des membres de l'expédition avaient un passé quelque peu douteux, dont Patterson...Mais n'importe quel physionomiste de bas étage aurait pu s'apercevoir que cet homme à l'air patibulaire ne pouvait que cacher quelque chose. J'allais devoir penser à explorer cette piste là une fois que j'aurais gagné sa confiance...

Pas plus d'informations sur l'affaire, plus d'indices, une journée de perdue...Le bilan était lourd, presque autant que l'ambiance dans la voiture, au retour. Arrivés au Amherst Hôtel, Brannberg et Crane laissèrent s'échapper Moore devant, et plantèrent leurs regards dans le mien. J'étais las, oui, je l'avoue, las au point de ne vouloir seulement que mon lit, un livre, et un peu de solitude. Ils me fixèrent quelques instants et un rictus s'afficha sur le visage du professeur Crane, un rictus qui se transforma rapidement en sourire franc. Brannberg m'annonça alors la nouvelle, la bonne nouvelle, enfin. Ils avaient recopié les indices de la valise, tous, et s'étaient empressés, ne pouvant garder les carnets , de les envoyer par courrier à leurs noms. Le temps de digérer la nouvelle et j'éclatais d'un rire tonitruant.

Les indices collectés étaient les suivant:
-Divers papiers portant des noms associés à des numéros (De téléphone, mais pas seulement)
-Le brouillon d'une lettre de Douglas à son frère
-Les carnets personnels de Douglas (Envoyés par courrier)

La journée avait été longue, nous nous occuperions de ces documents demain. Il était temps de faire profil bas, de chacun rentrer dans nos appartements, et de profiter de notre secrète victoire. Je souhaitais la bonne nuit à mes camarades d'aventure et poussai la porte de ma chambre.
Il y a quelques minutes encore, j'étais en train de me changer quand on frappa. J'allai ouvrir et laissai pénétrer le professeur Crane, une feuille de papier à la main.
Il me la tendit, les yeux baissés, cherchant dans un recoin des espaces invisibles les réponses à notre réalité.
C'était une lettre dont l'auteur disait avoir assassiné le capitaine Douglas. Une lettre dont l'auteur disait qu'il n'hésiterait pas à recommencer sur d'autres membres de l'expédition si celle-ci était toujours décidé à partir.
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MessageSujet: Re: [Campagne: Les montagnes hallucinées] Journal Halluciné   Lun 14 Juin 2010 - 17:24

eh oh, Aza !! T'as oublié la suite et fin !! Non mais !! C'est quoi ce boulot gratuit ? Tu penses que parce que t'es pas payé, tu peux faire n'importe quoi ? Nan mais tu rêves là quoi Very Happy

Allez allez, la suite Wink (ou c'est l'intro d'un scénar rudement bien écrite ? snif)

Ce message s'auto-détruira dès que la suite aura été mise en ligne Very Happy

(eh Aza, la photo, c'est toi quand t'étais jeune ? lol! )
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MessageSujet: Re: [Campagne: Les montagnes hallucinées] Journal Halluciné   Mer 16 Juin 2010 - 19:42

Dès que mes exams seront passés je m'y remettrai sérieusement. Pour ce qui est de la fin, je ne la connais pas encore, mais j'entrevois quelque chose comme la folie ou la mort... :p
(C'est le compte-rendu de la campagne que je suis en train de jouer sur Paname.)

(La photo, c'est moi sans ma barbe à 9 ans, ouais.)
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MessageSujet: Re: [Campagne: Les montagnes hallucinées] Journal Halluciné   Jeu 17 Juin 2010 - 12:55

Azathoth a écrit:
Dès que mes exams seront passés je m'y remettrai sérieusement. Pour ce qui est de la fin, je ne la connais pas encore, mais j'entrevois quelque chose comme la folie ou la mort... :p
(C'est le compte-rendu de la campagne que je suis en train de jouer sur Paname.)

(La photo, c'est moi sans ma barbe à 9 ans, ouais.)

Non mais sérieux, va voir un éditeur, tu écris trop bien Wink J'ai acheté des bouquins bien plus mal écrits, tu as donc tes chances, et des bonnes, par contre, t'as intérêt à garder le niveau ^^.

Honnêtement, jusqu'à ce que tu parles de manière assez crue et directe de folie, je pensais à une vraie brève utilisée par un scénariste de Cthulhu en mal d'inspiration (mais pas de ressources Wink ) pour son intro.

++ tu déchires ^^
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